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L’abolition de l’esclavage : un geste révolutionnaire concrétisé en 1848

PARIS, 10 mai 2011, 14:01:08 (AFP)

mardi 10 mai 2011


L'abolition de l'esclavage : un geste révolutionnaire concrétisé en 1848

L’esclavage et la traite négrière, responsables de la mort prématurée de milliers d’hommes et de femmes dans les colonies françaises d’outre-mer, sont reconnus par la France comme crimes contre l’humanité depuis une loi du 10 mai 2001.

A partir de 2006, à l’initiative de Jacques Chirac, une journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions est célébrée chaque année à cette date.

Le chemin a été long pour en arriver là puisque l’esclavage, supprimé une première fois en 1794 sous la Révolution, n’a été définitivement aboli en France qu’en 1848.

L’esclavage est "une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Egalité, Fraternité", affirme le Gouvernement provisoire de la IIe République.

A la veille du décret, la France compte 250.000 esclaves, dont près de 90.000 en Guadeloupe, 75.000 en Martinique, 60.000 à la Réunion et 12.000 en Guyane, fournissant une main-d’oeuvre peu onéreuse aux plantations de canne à sucre.

L’espérance de vie des esclaves n’excède pas cinq à six ans après leur arrivée.

En 1642, Louis XIII a autorisé la traite négrière et l’escalavage mais dès la fin du XVIIe, des voix s’élèvent pour dénoncer le statut de l’esclave, qui, selon le "Code noir" de Colbert, n’a aucun droit civil.

Mirabeau, Lafayette ou Condorcet militent avec l’abbé Grégoire au sein d’une "Société des amis des Noirs" fondée en 1788 pour la première abolition de l’esclavage, qui sera votée le 4 février 1794 par les députés de la Convention.

Il faudra toutefois un demi-siècle pour que la patrie des droits de l’Homme renoue avec ce geste "révolutionnaire".

Le 20 mai 1802, Napoléon Bonaparte a en effet rétabli l’esclavage dans les colonies, au prix d’une sévère répression symbolisée par la déportation de Toussaint Louverture, figure de l’émancipation des Noirs à Saint-Domingue.

Le commerce négrier enrichit les ports de Bordeaux, La Rochelle et Nantes, envoyant chaque année 20.000 Noirs vers les Antilles.

En 1833, l’Angleterre donne le signal de l’abolition et sous la monarchie de Juillet, la France "adoucit" la condition des esclaves.

La révolution de 1848 active le cours des événements. Champion de la cause des Noirs, Victor Schoelcher, sous-secrétaire d’Etat aux Colonies, incite le gouvernement provisoire à adopter le 27 avril 1848 les décrets abolissant l’esclavage dans un délai de deux mois.

Les propriétaires d’esclaves seront indemnisés.