Publié le 27 juillet 2017

Discours de Mme Annick GIRARDIN, ministre des Outre-mer de la République française, pour l’ouverture de la Dixième Conférence de la Communauté du Pacifique

Annick Girardin, ministre des Outre-mer a représenté le Gouvernement et pris la parole, à l’occasion de l'ouverture de la 10ᵉ conférence ministérielle des Communautés du Pacifique qui se tient à Nouméa du 27 au 28 juillet 2017.

Seul le prononcé fait foi
 
Monsieur le Président de la Conférence de la Communauté du Pacifique,
Monsieur le Directeur Général de la CPS,
Mesdames, Messieurs les présidents, chefs de gouvernement et ministres,
Madame, Messieurs les Directeurs Généraux des organisations internationales, Monsieur le représentant de l’Union Européenne,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Chers Amis,
Je tiens tout d’abord à remercier Monsieur le directeur général Colin TUKUITONGA de m’avoir invitée à cette Dixième Conférence de la Communauté du Pacifique, dont la tenue illustre la volonté partagée de contribuer au développement des Etats membres et des territoires océaniens.
 
Je suis très honorée d’être aujourd'hui présente à vos côtés et de pouvoir représenter la France lors de cette Conférence au sein de ce très beau siège de la CPS à Nouméa, qui constitue un atout pour la Nouvelle-Calédonie et une source de fierté pour la France.
 
Nous célébrerons demain les 70 ans de la Communauté du Pacifique, et je tiens à souligner l’engagement dont vous avez fait preuve et l’efficacité du travail que vous avez fourni pour contribuer au développement social, économique et culturel des populations océaniennes.
 
Dans un contexte international si fragile, la discussion et la coopération régionale sont une nécessité. Se tourner vers l’avenir, notre jeunesse, s’appuyer sur les sciences et les technologies pour mettre en œuvre notre plan stratégique 2016 – 2020 et les savoirs ancestraux est essentiel. C’est pour cela que je me réjouis de trouver aujourd'hui, en cette prestigieuse enceinte, autant de femmes et d’hommes de bonne volonté venus discuter, partager, et débattre afin bâtir des partenariats innovants pour un développement durable du Pacifique.
 
La France est un Etat du Pacifique. Nous avons toujours été, et nous demeurerons l’un de vos plus fidèles alliés. Vous pourrez toujours compter sur nous pour la réalisation du glorieux destin auquel se destine l’Océanie. C’est pourquoi, j’ai souhaité que la France et la CPS établissent dès le premier semestre 2018 un partenariat de long terme, fondé sur un plan d’action pluriannuel. Il définira nos priorités en particulier dans les domaines de la lutte contre le changement climatique, la santé, la culture et les sciences.
 
La France a une responsabilité particulière vis-à-vis de cette région du monde. Voilà, en effet, plus de deux siècles que la France est présente au sein de l’immensité du Pacifique par ses scientifiques et ses trois collectivités de Polynésie Française, Wallis-et-Futuna, et bien sûr la Nouvelle-Calédonie qui va désormais assumer la présidence de la Communauté du Pacifique.
 
Les collectivités françaises du Pacifique et le territoire de Clipperton au nord de l’hémisphère sont le ciment des liens qui nous unissent et qui font que tout ce qui touchera de près ou de loin le Pacifique ne laissera jamais la France indifférente. Nous sommes concernés par le développement des Etats et territoires océaniens, et nous souhaitons accompagner l’intégration la plus large possible des collectivités françaises dans leur environnement régional. Nous voulons protéger leur patrimoine, à commencer par celui des récifs coralliens et des écosystèmes associés (mangroves, herbiers). A ce titre, la France a décidé de financer le rapport « Etat et évolution des récifs coralliens du Pacifique » qui sera présenté lors de la prochaine assemblée générale de l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI) que nous présidons actuellement.
 
Membre de la famille océanienne, nous en partageons ses préoccupations et ses défis. C’est pourquoi, nous souhaitons promouvoir avec vous dans les enceintes régionales et sur la scène internationale l’Alliance solaire internationale, le bannissement des microbilles de plastique qui mettent en danger nos environnement et la sécurité alimentaire, une lutte plus efficace contre les pêches illégales, non déclarées, non réglementées, des mesures nouvelles de sécurité et sûreté maritime, de meilleurs interconnections  numériques et de transport. Pour cela, nous mobiliserons tous nos outils de recherches notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’économie bleue, de l’environnement, des énergies, des sciences des océans ou encore de la santé, comme nous allons le faire dans le cadre de notre engagement à participer au renforcement du réseau océanien de surveillance de la santé publique. Nos chercheurs, experts et techniciens sont présents ici dans le Pacifique au service de la recherche fondamentale, de l’aide à la définition des politiques publiques, des entreprises, des programmes éducatifs et des organisations de la société civile.
 
Mesdames, Messieurs,
La Pacifique est désormais l’un des plus grands bassins de développement mondial, et l’une des régions du monde les plus riches en diversité, qu’elle soit culturelle ou écologique. Mais c’est également la région qui peut être la plus durement touchée par le mal de notre siècle, le réchauffement climatique.
Si rien ne change, ce qui fait notre richesse et les splendeurs naturelles du Pacifique disparaitront sous nos yeux, et avec elles, le patrimoine des peuples océaniens et leurs ressources essentielles. Il est de notre devoir de protéger pour nos générations futures l’héritage culturel, les traditions, les valeurs, et donc les modes de vie des populations.
 
A ce titre, je tiens à tous vous remercier pour le soutien sans faille que vous avez pu apporter lors de la COP21. C’est par votre contribution, et par votre engagement, que la COP21 a pu être une aussi belle réussite. La concertation avec les dirigeants océaniens à commencer dans cette salle qui porte le nom du premier préfet kanak Jacques Iékawé, Secrétaire général désigné de la CPS, et prématurément disparu. Le dialogue de haut niveau autour du Président de la République F. Hollande sur les défis du changement climatique en novembre 2014, à l’initiative du Docteur Colin TUKUITONGA, et en présence de nombre d’entre vous, soulignait ici même que vos idées peuvent servir d’exemple à tous. Nous veillerons à être ce porte-voix lors de la COP 23, présidée par nos partenaires fidjiens, et le 12 décembre prochain comme l’a proposé le Président E. Macron lors du G-20 de Hambourg. Deux ans après les accords de Paris, il s’agira de prendre de nouvelles initiatives et de mobiliser les financements privés promis lors de la conférence des Nations Unies de décembre 2015. Nous savons le caractère indispensable de cette solidarité pour les pays et les territoires du Pacifique. Face à un enjeu si vital pour notre planète et l’Océanie, il s’agit de démontrer que la mobilisation ne faiblit pas et que la communauté internationale progresse dans la mise en œuvre de l’accord que nous avons bâti énergiquement et patiemment tous ensemble. Avec la CPS, nous examinerons dans cet esprit la reconduction de la mise à disposition d’un expert international de haut niveau dans le domaine du changement climatique.
 
Mesdames, Messieurs,
 
A titre personnel, sachez que je porte une grande attention à l’avenir des territoires du Pacifique et au développement des petits Etats insulaires. En septembre 2014, à Apia, j’ai eu l’honneur de participer à la Troisième Conférence internationale des petits États insulaires en développement, et de m’entretenir avec plusieurs d’entre vous. Je tiens donc à réaffirmer l’engagement et le soutien inébranlable de la France en faveur du développement durable des petits États insulaires, un soutien qui se fait à la fois par les actions de coopération menées par les collectivités d’outre-mer du Pacifique, que je remercie à nouveau, par l’Agence Française de développement, nos instruments de coopération mais surtout par le travail qui est réalisé par la CPS. La résilience face au changement climatique et aux catastrophes doit être notre priorité collective, tout comme celle accordée à la jeunesse.
 
Mesdames et messieurs, je vous souhaite à tous une bonne Dixième Conférence de la Communauté du Pacifique, avec des échanges utiles et productifs.
Bonne journée.
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