Publié le 7 novembre 2016

Intervention d’Ericka Bareigts à l’occasion du partenariat entre le ministère des Outre-mer et la Commission nationale française pour l’Unesco

Jeudi 3 novembre 2016 dans les salons du Ministère de l’Outre-mer, Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer et Daniel Janicot, président de la Commission nationale française pour l’Unesco signait la première convention de partenariat UNESCO - MOM. A cette occasion la ministre a pris la parole.

Monsieur l’Ambassadeur,
Monsieur le Président de la Commission,
Mesdames et messieurs,

Je suis particulièrement heureuse de vous accueillir ici, dans les Salons du ministère des Outre-mer pour la signature de la Convention cadre entre le Ministère et la Commission nationale française pour l’UNESCO Avant tout, je tiens à remercier chaleureusement Monsieur Daniel JANICOT, Président de la Commission nationale française pour l’Unesco, pour tout le travail que nous avons réalisé ensemble. Je sais votre engagement et votre volonté de rapprocher nos institutions au service de l’accès à la culture par tous, partout.
 
Grâce à celui-ci, nous initions une étroite collaboration entre le ministère des Outre-mer et la Commission nationale française de l’Unesco : le ministère des Outre-mer entre ainsi le Conseil d’administration de la Commission.
 
Ensemble, nous affirmons les valeurs qui nous ressemblent et nous rassemblent : la diversité, le respect de la différence, l’ouverture aux autres, l’attachement à la culture, l’éducation et la science. Tout au long de mon parcours politique, des rues de Saint-Denis, à la rue Oudinot, j’ai pu mesurer le rôle que jouait la culture dans l’émancipation de chacun et la construction personnelle. J’ai souhaité que mon ministère participe à favoriser l’accès à la culture dans tous les territoires des Outre-mer affirmant ainsi un principe de continuité culturelle. Il s’agit d’une part de permettre aux artistes ultramarins d’être reconnus par-delà les océans et en Hexagone. Il s’agit aussi de faire bénéficier à tous les ultramarins de l’offre culturelle qui est proposée dans l’Hexagone, sans que l’éloignement géographique ne soit pour eux un obstacle.

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La Convention cadre que nous signons aujourd’hui comprend plusieurs volets, comme Monsieur JANICOT l’a rappelé.
Le premier concerne l’éducation. Nous savons qu’elle constitue le premier facteur de développement humain. C’est dans ce domaine que nos efforts doivent redoubler.
 
Dans chaque zone océanique, une Semaine de l’Unesco sera organisée. De nombreux projets éducatifs seront lancés. Je veux insister sur cette question : la formation et la professionnalisation des acteurs locaux sont absolument indispensables. En effet, toutes les politiques publiques que nous menons seront vaines si elles ne prennent pas appui sur la société civile et les partenaires locaux. Notre devoir est donc de les accompagner dans l’ingénierie de projet. Un programme d’éducation à la citoyenneté mondiale sera organisé. Une offre de formation « Unis pour le patrimoine », pour sensibiliser à ces questions cruciales en Outre-mer, sera lancée. Enfin, dans le domaine de la science, des formations ayant trait à l’environnement et la biodiversité seront mises en place.
 
Je suis déterminée à aller vite. Je souhaite que la première semaine Unesco soit organisée très rapidement, c’est-à-dire début 2017.

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Autre volet d’action de l’UNESCO, la labellisation du patrimoine. Elle doit être déployée en Outre-mer. Les Outre-mer sont riches de leur patrimoine à la fois matériel et immatériel et nous devons travailler à ce que ce patrimoine soit mieux connu, plus accessible, à tous les Françaises et les Français. La France est riche de sa diversité : montrons-la, revendiquons-la, elle est notre force et notre avenir.
Cette convention permettra l’accompagnement des acteurs ultra-marins pour la constitution de dossiers de labellisation du Patrimoine mondial mais pas seulement. Plusieurs autres programmes notamment ceux des « Villes apprenantes » ou des « Villes créatives » pourront être appuyés et accompagnés par la Commission. Ils permettront d’inscrire les Villes des Outre-mer dans un rayonnement à l’échelle régionale et internationale. Vous savez l’attachement que j’accorde au développement de la coopération régionale : les Outre-mer ont tout à gagner à construire des relations, des partenariats, avec leurs voisins dans chacun de leur bassin régionaux. Notre histoire s’est longtemps construite sur un rapport exclusif entre la métropole et les Outre-mer. Nous construisons aujourd’hui un nouveau modèle pour que les Outre-mer puissent pleinement rayonner dans leur espace océanique.

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Monsieur l’Ambassadeur,
Monsieur le Président de la Commission,
Mesdames et messieurs,

André MALRAUX disait : « La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ».
 
Par la convention que nous signons ensemble aujourd’hui, nous menons le combat : celui de l’accès à la culture partout, par tous, et de la reconnaissance du patrimoine ultramarin. Elle annonce- je l’espère !- une collaboration pleine d’avenir entre le Ministère des Outre-mer et l’UNESCO. Elle augure une nouvelle place pour les Outre-mer dans cet environnement culturel international. Elle pose surtout, une certaine idée de la France : une France présente dans tous les océans, qui ne s’arrêtent pas aux rivages hexagonaux, qui fait de sa diversité culturelle un atout pour son développement. Je vous remercie.
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