Publié le 29 juin 2018

Présentation du Livre Bleu outre-mer, discours d'Annick Girardin à l'Elysée

Discours d'Annick Girardin, ministre des outre-mer lors de la présentation du "Livre Bleu outre-mer" à Emannuel Macron, Président de la République, à l'Elysée, jeudi 28 mais 2018.

Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Président de la République,
Chers collègues,
Madame,
Monsieur,
Chers amis,
 
Je voulais Monsieur le Président de la République, rebondir sur ces témoignages. L’ultramarine que je suis a une conviction que je souhaite partager ici, nos outre-mer sont des territoires fantastiques, qui doivent relever tous les défis, mais qui portent aussi nombre d’enjeux.
Ces Assises ont été l’occasion de leur permettre de s’exprimer, elles ont créé une dynamique unique qui a permis de redonner la parole à ceux qui ne la prenne plus, qui a permis de recréer des liens, pour redonner confiance dans l’action publique.
 
Les résultats de ces Assises sont consignés dans un document, le Livre Bleu.
 
Ce Livre Bleu nous oblige.
 
Vous l’avez dit lors du lancement de l’exercice en Guyane : Il fallait en finir avec les promesses non tenues.
Ce livre bleu, il nous oblige, et surtout il nous engage, collectivement. C’est une feuille de route construite avec l’ensemble du gouvernement.
Ce n’est pas un programme, c’est la politique que nous conduirons outre-mer !
Nous avons donc placé les ultramarins, nos 2,7 millions de concitoyens qui vivent sur ces 11 territoires habités d’outre-mer, au cœur de cette transformation.
Les ultramarins veulent des services publics qui fonctionnent, ils veulent un Etat qui protège, une République qui libère !
Ils veulent être pris en compte, et être pris en compte, ce n’est pas être traité à part.
Nos outre-mer veulent dépasser l’image dans laquelle ils sont enfermés : ce ne sont ni les danseuses de la République, ni des cartes postales.
Ce sont des territoires dynamiques, réactifs, volontaires, ce sont et c’est ma conviction, des territoires pionniers, qui doivent faire rayonner la France universelle.
Dans la conduite des Assises, nous avons mis les citoyens au cœur de nos réflexions, nous avons interrogé les ultramarins, précisément, pour comprendre leurs attentes.
 
Et que disent spontanément les ultramarins ?
 
Ils disent qu’ils sont heureux sur leurs territoires, qu’ils les aiment profondément.
Ils disent aussi qu’ils sont inquiets.
Inquiets par l’insécurité, inquiets pour le logement, pour l’accès à l’eau, aux soins, pour l’avenir de leurs enfants, de leurs ainés.
 
Nous avons apporté des réponses concrètes sur ces points. Par exemple, nous allons redynamiser le plan logement outre-mer, en stabilisant la défiscalisation jusqu’en 2025.
En matière de santé, nous allons lutter contre les déserts médicaux, nous allons lancer un nouveau fond pour financer une action de prévention sans précédent dans le domaine de la santé publique pour répondre aux enjeux cruciaux outre-mer : grossesse précoce, obésité, alcoolisme, maladies tropicales…
Pour les jeunes d’outre-mer, pour qu’ils portent en eux le renouveau et la conquête, il faut leur redonner de l’espoir.
 
Il faut leur donner des racines, et des ailes.
 
Des racines en inscrivant leur Histoire au cœur de la République, pour qu’ils se sentent français à part entière et non plus entièrement à part.
Des ailes en les accompagnant dès l’enfance dans un parcours de réussite, en étant à leurs côtés, de la crèche à leurs premiers pas dans la vie professionnelle.
Avec des réponses concrètes, 6500 places en crèche, 700M€ fléchés sur le Programme d’investissement dans les compétences.
Ce sont là quelques engagements de ce Livre Bleu, je ne vais pas me lancer dans une énumération complète.
La transformation que nous portons n’est pas théorique. Nous ne voulons pas d’annonces qui n’atterrissent jamais.
Pour que cela fonctionne, et c’est bien la clé de cette approche nouvelle, nous devons accompagner les territoires.
Le cœur des Assises, c’est justement cette nouvelle relation que nous construisons avec les territoires. Nous ne sommes pas, ici, à Paris, en mesure de prendre seuls des décisions.
Certains attendent des annonces budgétaires, nous ne nous sommes pas dérobés sur ce point.
Le budget outre-mer sera très fortement renforcé. En augmentant significativement le Fonds Exceptionnelle d’Investissement, ce sont 500M€ qui vont être fléchés vers l’investissement public jusqu'à la fin du quinquennat. Ce sont par ailleurs 400M€ qui vont être injecté dans le développement économique pour construire de nouveaux outils au service de la création de valeur dans la même période.
Mais le développement des outre-mer n’est pas qu’une question de moyens financiers.
C’est aussi une question de responsabilité, de vision, d’envie, de savoir-faire
L’Etat ne fera pas à la place de, nous ferons ensemble.
 
Alors ces Assises, ce Livre Bleu ouvrent le champ des possibles. Il l’ouvre du point de vue financier, du point de vue règlementaire, du point de vue de l’adaptation, de la différenciation, dans notre relation à l’Europe. Nous avons levé les freins.
C’est maintenant avec les collectivités locales qu’il faut avancer, car elles sont les vrais agents de cette transformation.
Je ne méconnais pas leurs difficultés. Il faut du soutien, et en même temps un cadre.
 
J’ai ainsi souhaité qu’une plateforme d’ingénierie et d’assistance soit créée et puisse être projetée sur les territoires pour les accompagner dans la conduite de leurs projets.
C’est un des marqueurs de cette transformation : la volonté de voir nos territoires accompagnés, pour que l’on co-construise ensemble les chemins de notre réussite.
Cette transformation nous y croyons.
 
J’en parle souvent, cette France des trois océans, elle est au cœur de la zone intertropicale et subarctique. Elle au cœur des défis de demain. C’est un pays du Nord au cœur du Sud. C’est unique, nous devons assumer la responsabilité d’être des territoires pionniers.
Nous ouvrons des voies nouvelles en matière d’économie circulaire, en matière de biodiversité, en matière d’énergie.
Je le dis depuis toujours, nos territoires sont des territoires de solutions.
 
Tout cela est concret, nos territoires doivent être les fers de lance de la transition écologique. Nous devons incarner un avenir soutenable, écologique.
C’est pourquoi nous avons pris la décision de plus financer par exemple, dès 2030, les installations produisant de l’électricité à partir d’énergies fossiles.
Nous souhaitons créer des plateformes de recherche par bassin géographique, en encourageant les liens entre la recherche et l’innovation industrielle.
Nous aurons un accès privilégié aux appels à projets de l’Agence Nationale de Recherche et les critères du Programme d’Investissement d’Avenir seront adaptés à nos territoires et à nos réalités.
Nous devons être en avance, nous devons apporter des réponses, car nos territoires peuvent et doivent faire rayonner la France sur chacun des trois océans.
Et la géographie, c’est souvent l’Histoire en mouvement.
 
Nos outre-mer doivent retrouver leur place, au cœur des stratégies françaises d’influence.
Ce sont des territoires d’influence au cœur de l’axe indo-pacifique, de l’axe indo-africain, de l’axe atlantique.
Pour être au cœur de ces enjeux, il faut y vivre. Les ports, les aéroports français de nos territoires sont des points de contact avec un monde que l’Europe connait peu. Nous devons nous y connecter d’avantage.
 
Mais être influent, ce n’est pas que ça, c’est aussi être dans l’histoire économique.
Nous avons souhaité changer le paradigme économique et c’est pour cela que j’ai souhaité conduire une réforme ambitieuse de notre système d’aides.
Ce nouveau modèle est plus stable, à périmètre constant, nous avons décidé une prolongation de la plupart des dispositifs.
Le système économique sera plus performant, il sera plus attractif pour les investissements extérieurs.
Parce que pour rayonner, il faut que nos entreprises soient compétitives, il faut que nos entreprises s’ouvrent, qu’elles  s’internationalisent. Nous rayonnerons aussi par notre économie.
Nos territoires ont les clés pour s’ouvrir au monde, pour innover et inventer,  et convaincre.
C’est une vraie ligne directrice de ce livre bleu, un cap, une fierté aussi, car au-delà des mots, nous avons concrètement voulu renouveler la place de ces territoires dans la République. La France est monde, universelle, et cette responsabilité, nous l’assumons.
 
Alors évidemment, tout ne sera pas réglé demain.
Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, les Assises ne s’arrêtent pas à la remise d’un document.
C’est « l’acte de naissance » d’une nouvelle vision des outre-mer et d’une nouvelle relation avec l’Etat : Elles vont maintenant devoir vivre dans la durée et les acteurs devront tous se mobiliser pour en assurer la réussite.
Je souligne ici l’implication sans réserve, de la Caisse des dépôts, de BPI France, de l’AFD, d’Atout France, de Business France, d’Expertise France. Tous sont tendus vers l’objectif de la réussite de cette transformation, je les remercie pour leur implication de tous les instants.
Dès la rentrée, nous engagerons les discussions sur les contrats de convergence et de transformation avec l’ensemble des collectivités locales.
Dès la rentrée, nous annoncerons les lauréats du concours projets outre-mer.
Dès cet automne, un premier forum des projets mettra en relation des porteurs, des financeurs, et l’Alliance des Fondations d’entreprises qui souhaite se mobiliser à nos côtés, voilà une manière originale de faire vivre des idées, des projets..
Et tout au long du quinquennat, nous allons devoir entretenir cette dynamique. Nous serons attendus sur l’exécution. Nous devons tous rester en mode projet.
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