Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, a estimé que la pêche n’était "pas morte" à Saint-Pierre et Miquelon mais qu’il fallait la "réorienter" et continuer de développer l’aquaculture dans cette petite collectivité voisine du Canada.
Arrivé dans la nuit de jeudi à vendredi dans cet archipel de l’Atlantique Nord, qui compte un peu plus de 6.000 habitants, le ministre en est reparti samedi dans des conditions exécrables —vents violents et fortes chutes de neige appelés localement "poudrin de choquettes" — et devait être de retour dimanche à Paris.
"La pêche n’est pas morte, il faut la réorienter. Il n’y a pas de filières condamnées", a déclaré M. Lurel après avoir fait le tour des installations de pêcherie. Il a promis de revenir dans l’archipel "en septembre ou octobre".
L’usine de traitement du poisson de Saint-Pierre a fermé en 2011 et n’a pas trouvé de repreneur depuis, énième soubresaut de la fin de la grande pêche à la morue qui avait fait vivre l’archipel jusque dans les années 90. En revanche, sur Miquelon fonctionne une unité qui emploie 60 personnes.
"Le Conseil Territorial (assemblée locale, ndlr) a fait un grand effort pour l’aquaculture à Miquelon. C’est une diversification", a relevé le ministre, estimant que "l’aquaculture, l’agriculture de la mer, est l’avenir du monde".
"Vous avez ici une expérimentation qui est presque une première mondiale dans l’ensemencement des coquilles Saint-Jacques" par la société EDC (Elevage de Coquille), s’est félicité le ministre.
De même, pour le traitement du poisson, la Société Nouvelle des Pêches de Miquelon a un projet d’achat de tunnel de congélation de 750.000 euros que l’Etat va "soutenir", a-t-il annoncé, notant les "projets" communs de la SNPM et d’EDC d’investissements nouveaux dans cette usine.
Selon le ministre, L’Etat "sera là" pour soutenir des projets mais pas pour les amorcer.
Victorin Lurel a aussi abordé le projet Extraplac. Ce programme français d’extension du plateau continental doit déboucher in fine sur un dossier aux Nations unies, qui permettrait d’étendre les zones maritimes sous juridiction, avec en ligne de mire l’exploitation des fonds marins et du sous-sol.
Le dépôt d’un tel dossier nécessite de trouver un compromis avec le puissant voisin canadien, tout aussi intéressé.
"Le Canada sait défendre ses intérêts et parfois âprement", a relevé M. Lurel, en lien sur ce dossier avec son collègue des Affaires étrangères, Laurent Fabius.
"Il faut discuter, je crois au compromis (…)", a-t-il insisté, ajoutant que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault "sera très bientôt à Ottawa" où "la question sera posée".
