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Voeux du ministre aux personnalités

Discours de Victorin Lurel prononcé lundi 14 janvier 2013 au ministère des Outre-mer


Voeux du ministre aux personnalités
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Madame l’Ambassadrice,
Mesdames et messieurs les élus, parlementaires, présidents d’exécutifs territoriaux et présidents d’assemblées territoriales,
Mesdames et messieurs les présidents d’associations,
Mesdames et messieurs les personnalités du monde de la culture,
Mesdames et messieurs les journalistes,
Mesdames et messieurs,

Je tiens d’abord à vous remercier d’avoir répondu aussi nombreux à cette invitation à la traditionnelle cérémonie des v½ux du ministre des Outre-mer.

Merci. Oui, merci du fond du c½ur d’être là, dans cette maison qui est la maison de tous les outre-mer. Sans exclusive et sans exception.

Nous avons choisi de réunir en cette unique occasion les élus, ceux des outre-mer, mais aussi ceux qui sans être élus de ces territoires ou sans en être originaires, manifestent avec une belle constance leur intérêt pour leur avenir.

Outre les élus, il y a aussi des responsables d’associations qui, dans l’Hexagone, contribuent à valoriser les outre-mer, leur patrimoine et leur culture.

Et nous avons aussi convié à ce rendez-vous les journalistes, ceux qui habituellement suivent l’actualité des outre-mer, mais également les responsables de rédaction, ainsi que les dirigeants de ces médias qui, je le sais, sont quelques uns ici et je les remercie de leur présence.

Tous, chacun dans votre rôle, vous êtes des partenaires de ce ministère. Vous contribuez à faire de cette maison une maison ouverte. Tout au long de l’année, nous cheminons ensemble et s’il est bien une occasion de vous dire combien cela compte à nos yeux, c’est bien une cérémonie comme celle-ci.

Cette cérémonie de v½ux est d’ailleurs particulière à double titre.

D’abord, c’est la première fois que je m’exprime ainsi en tant que ministre des Outre-mer. C’est évidemment une émotion pour moi.

Mais, surtout, nous nous retrouvons ce soir dans des circonstances singulières.

La France, notre pays, est en effet engagée au Mali dans des opérations de lutte contre la menace terroriste. Cet engagement a été décidé par le Président de la République à la demande du président du Mali et dans le respect de la charte des Nations Unies.

Nos soldats, et parmi eux, des originaires des outre-mer, sont donc au combat au moment où je parle, dans des opérations délicates.

A cet instant, je pense à eux, à leurs familles et à leurs proches qui, forcément, s’inquiètent, mais qui savent qu’ils font leur devoir pour une cause juste.

Je pense aussi à ceux de nos soldats qui ont perdu la vie au Mali, mais aussi en Somalie pour libérer l’un de nos otages.

Et je pense, précisément, à nos otages, parmi lesquels figurent deux originaires de nos territoires, et à leurs familles qui connaissent l’angoisse de l’attente.

C’est un moment difficile pour notre pays, mais la France joue là pleinement son rôle et je tiens à saluer le remarquable consensus politique qui accompagne depuis vendredi les décisions du Président de la République.

Ces développements internationaux viennent à nouveau illustrer, si besoin en était, la dureté des temps que nous avons à affronter depuis la nomination du gouvernement en mai 2012.

La France traverse en effet une crise économique et sociale sans précédent.

Une crise aggravée par les déficits et la dette qui se sont envolés avant notre arrivée.

Une crise marquée par une augmentation continue du chômage depuis 2 ans.

Une crise qui fragilise notre modèle social.

Face a cette crise, le Président de la République a exhorté le pays à ne pas se résigner au déclin. C’était le sens profond des engagements pris durant la campagne présidentielle.

Ne prônant ni la rupture, ni l’immobilisme, c’est une autre voie sur laquelle il a choisi d’engager notre pays : celle de la refondation de notre modèle social, dans le respect des valeurs de notre République.

Toutes les décisions prises par le gouvernement depuis son installation s’inscrivent précisément dans cette démarche.

D’abord le redressement dans la justice de nos équilibres financiers, ensuite la relance de la compétitivité de notre économie pour renouer avec la croissance et enfin la mobilisation de tous dans un grand combat en faveur de l’emploi.

Outre-mer, cette politique a été déclinée dans tous les territoires et il m’est revenu de la mettre en ½uvre dans le cadre d’un ministère redevenu de plein exercice et en mesure, dès lors, de jouer pleinement son rôle dans l’interministériel.

Je l’ai fait avec une méthode : l’écoute, le respect et le lien avec tous les élus et l :’ensemble des forces vives. Tous les élus ont été reçus au moins une fois dans ce ministère dont j’ai dit qu’il était la maison des élus des outre-mer.

Je l’ai fait aussi avec une exigence : celle d’aller sur le terrain, me confronter aux réalités, sans jamais fuir les difficultés. En moins d’une année passée ici, je me serai fait fort d’être allé au moins une fois dans chaque territoire.

J’ai bousculé mon agenda pour me rendre à Wallis-et-Futuna après le cyclone Evan. 300 maisons détruites c’était considérable et je me devais d’être présent. Si l’on rapport ces dégâts à la population, c’est comme si 12.000 maisons avaient été détruites dans un département de taille moyenne dans l’Hexagone.

La République se devait de répondre présent, tout comme elle est solidaire après les dégâts enregistrés après les cyclones Freda en Nouvelle-Calédonie et Dumile à La Réunion.

Je me rendrai dans quelques jours en Polynésie. Puis ce sera Saint-Pierre et Miquelon, au c½ur de l’hiver. C’est cela aussi, se confronter aux réalités des territoires.

Et je me rendrai également à Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

En 2012, je n’hésite pas à le dire, beaucoup a été fait. De nombreux chantiers ont été ouverts. Et de nombreuses décisions sont venues confirmer à la fois le retour de l’Etat dans les Outre-mer et le retour des Outre-mer au c½ur de la République, conformément aux engagements du chef de l’Etat : les 60 engagements pour la France et les 30 engagements pour les Outre-mer.

La hausse du budget 2013 – la plus importante de tous les ministères – a confirmé que ce gouvernement a fait le choix de la justice dans ses efforts en faveur de nos territoires.

La loi contre la vie chère, qui a figuré par les premiers textes législatifs promulgués, a montré la détermination de l’Etat à traiter en profondeur cette problématique commune à tous les territoires et qui est un véritable frein à leur développement.

Le premier cycle des Conférences économiques et sociales a mobilisé l’ensemble des forces vives autour des actions à mener pour développer nos territoires.

Les outre-mer ont obtenu une place renforcée dans la mise en place des nouvelles politiques de l’emploi (emplois d’avenir et, bientôt, les contrats de génération).

Sans oublier les créations de postes dans l’Education nationale là où les besoins étaient les plus manifestes, ou le surplus d’emplois aidés accordés dans le cadre de l’effort décidé au niveau national par le gouvernement.

On ne fait assurément pas de bilan à 6 ou 8 mois, mais je crois pouvoir dire que nous avons fixé un cap, imprimé un rythme et affiché un volontarisme sans lequel, nous le savons tous, rien de déterminant ne peut s’accomplir.

2013 ne doit marquer aucune inflexion, ni dans le cap, ni dans le rythme, ni dans le volontarisme.

Et les chantiers à venir sont nombreux.

Il y aura la réforme, devenue plus qu’impérative, des dispositifs incitatifs à l’investissement. En 2012, nous avons tenu l’engagement du président de la République de prévoir un plafonnement différencié pour les outre-mer. La décision du Conseil constitutionnel ne revient pas sur ce principe, même s’il faut reconnaître qu’elle en limite la portée. La réforme, nous l’avons d’ores et déjà engagée avec le ministère de l’Economie et des finances. Le président de la République et le Premier ministre en ont ainsi tracé le cadre : aucun euro ne sera économisé au détriment des outre-mer.

Plus largement, c’est le financement des économies de nos territoires qui doit être repensé, notamment à la faveur de la mise en ½uvre de la Banque publique d’investissement. Et je n’oublie pas le travail que nous avons à poursuivre autour de l’octroi de mer, afin de formuler à l’Union européenne des propositions crédibles et efficaces pour nos économies.

Nous aurons à poursuivre l’application de la loi de régulation économique outre-mer pour continuer la lutte que nous avons engagée contre la vie chère. Le bouclier qualité-prix entrera en vigueur le 1er mars et nous engagerons aussi la régulation des marchés de gros dans les secteurs clés de la chaîne logistique comme le fret maritime et le fret aérien, ou encore l’Internet à haut débit, après les succès importants que nous avons enregistrés sur les tarifs de téléphonie mobile entre l’Hexagone et les DOM.

Nous aurons aussi à traduire dans les faits les engagements forts du président de la République pour valoriser les cultures et les patrimoines des outre-mer. Qu’il s’agisse de la mise en ½uvre de la Cité des outre-mer ou qu’il s’agisse encore – et vous savez combien j’y tiens – de redonner à France Ô toute son identité « outre-mer » et son rôle dans la promotion et la valorisation de ce que sont nos territoires et les peuples qui les font vivre.

Le Salon du Livre, pour lequel nous accueillerons les éditeurs de nos territoires sur un espace dédié aux Outre-mer, sera également l’occasion de rendre un hommage au grand Aimé Césaire, dont nous célébrons cette année le centenaire de la naissance.

Mais, au-delà de ces dossiers, chantiers et échéances, c’est – je l’ai dit – un grand dessein que nous devons faire vivre pour nos territoires. Un grand dessein qui permette de briser les chaînes de la fatalité.

Fatalité du chômage de masse.

Fatalité des difficultés de logement.

Fatalité du mal-développement.

Fatalité de la dépendance aux importations.

Fatalité de la dépendance énergétique.

Ce grand dessein, nous vous proposons, en 2013, de le nourrir autour de trois grands axes :

  • l’emploi
  • l’éducation
  • et la transition énergétique.

Tous, ici, vous êtes des experts de nos territoires et nous devons poursuivre ensemble le travail que nous avons engagé.

La priorité absolue que nous nous fixons, pour 2013 et au-delà, c’est évidemment l’emploi. C’est un impératif, en particulier pour la jeunesse des outre-mer qui est l’avenir de nos territoires.

Cette priorité n’est pas différente de celle fixée par le président de la République et qui est mise en ½uvre par tout le gouvernement.

Si l’objectif est d’inverser la courbe du chômage à la fin de cette année, comme l’a dit le chef de l’Etat, les outre-mer doivent contribuer à cet effort et ils y contribueront.

Toutes nos politiques publiques seront encore davantage tendues vers cet objectif.

Nous y sommes d’autant plus déterminés que nous connaissons les chiffres et les réalités de nos territoires. Nous savons combien il est urgent d’agir et nous connaissons les risques de la désespérance.

C’est pourquoi 2013 doit être une année où l’on ne laisse pas retomber l’espérance soulevée en 2012 après l’élection du président de la République. Cette « espérance lucide » qu’invoque Césaire et que nous avons mise en exergue dans la très belle carte de v½ux de ce ministère.

Je formule donc le v½u que tous, ensemble, nous puissions partager ces objectifs et réussir ensemble ces formidables défis qui sont devant nous.

Rarement un gouvernement aura accordé autant de place et autant d’importance aux outre-mer. C’est une occasion historique qu’il faut saisir pour réussir.

Je vous présente à toutes et à tous mes meilleurs v½ux pour cette année 2013.

Qu’elle soit riche de bonheurs personnels et d’accomplissements professionnels.

Qu’elle vous donne à toutes et à tous des occasions de réaliser vos rêves.

Qu’elle vous apporte, aussi, l’amour. Celui que l’on reçoit et, mieux encore, celui que l’on donne. Vivre sans amour, c’est simplement survivre.

Prenez soin de vous. Prenez soin de ceux que vous aimez. Et prenez soin de ces outre-mer qui sont nos horizons et qui sont notre raison d’agir. Ici et maintenant.

Je vous remercie.

Seul le prononcé fait foi